Exigence 36
Par Citigroup Global Markets Funding Luxembourg · Distribué par Linxea
Publié le 14 mai 2026Ce produit suppose que les grandes entreprises européennes et américaines maintiendront globalement leur niveau sur les prochaines années. La condition s'assouplit avec le temps — après quelques années, l'indice peut avoir sensiblement reculé et déclencher quand même le remboursement. En revanche, à cause du mécanisme de décrément, dans un marché stable l'indice perd mécaniquement des points chaque année, ce qui durcit le pari de façon invisible : les marchés doivent non seulement résister, mais progresser pour compenser cette ponction.
- ISIN
- FRC764201618
- Coupon
- Conditionnel
- Rappel
- Automatique · fin mois 12
Exigence 36
Notre avis
Ce que nous apprécions
La diversification transatlantique distingue ce produit des Athéna classiques cantonnés à la seule zone euro. Répartir l'exposition entre l'Europe (60%) et les États-Unis (40%) atténue la dépendance à un seul cycle économique et offre un accès aux méga-capitalisations tech américaines qui tirent les marchés depuis plusieurs années. La barrière d'autocall décroissante — de 100% à 70% en onze ans — multiplie les fenêtres de sortie favorable sur les 132 dates d'observation mensuelles. La double barrière à l'échéance (67% pour les gains, 50% pour le capital) constitue un filet supplémentaire en fin de parcours.
Ce que nous n'apprécions pas
Le décrément de 50 points par an en points fixes est structurellement plus pénalisant qu'un décrément en pourcentage : au niveau actuel de l'indice, il représente 5,52% de sa valeur, soit plus du double du rendement moyen en dividendes des composants (2,39%). Ce handicap s'alourdit mécaniquement si l'indice recule. L'indice n'existe que depuis février 2025 — toutes les performances antérieures sont simulées. Enfin, 40% de l'indice est composé d'actions américaines libellées en USD : une appréciation de l'euro face au dollar pénaliserait la performance de l'indice, indépendamment de l'évolution des marchés actions.
Quel est le rendement offert ?
Le rapport effort/récompense de ce produit dépend fortement du timing de rappel. En sortie rapide (dès la première année), le rendement annualisé atteindrait 11 % net — un niveau élevé, mais en contrepartie d'un risque réel de perte en capital et d'une immobilisation de durée inconnue. Si le produit court jusqu'à son terme maximal de douze ans sans rappel, le gain brut atteindrait 132,12 % du capital investi. Ramené sur une base annuelle composée, ce gain de 132,12 % ne représente cependant que 7,27 % par an — l'écart avec le 11,01 % affiché s'explique par l'absence de réinvestissement intermédiaire : le capital travaille, mais les gains ne produisent pas eux-mêmes d'intérêts.
Le scénario cible est le rappel anticipé. Si les marchés transatlantiques résistent — c'est-à-dire si l'indice se maintient au-dessus de son niveau de départ à l'une des dates d'observation mensuelles, dès la fin de la première année — le produit serait remboursé avec un gain de 0,9175 % par mois écoulé. À partir du 24ème mois, la condition s'assouplit : la barrière descend à 97%, puis 94%, et ainsi de suite jusqu'à 70% en onzième année. Concrètement, après quelques années, l'indice pourrait avoir reculé de 30% et déclencher quand même le rappel avec la totalité des gains accumulés.
La condition d'accès se heurte toutefois au décrément. L'indice perd 50 points par an de façon mécanique, indépendamment de ce que font les marchés. Les actions européennes et américaines doivent donc non seulement résister, mais surperformer cette ponction annuelle pour déclencher le remboursement. Dans un contexte de marchés hésitants entre inflation repartie à la hausse et banques centrales bloquées, cette condition est exigeante à court terme, plus plausible sur 3 à 5 ans si la dynamique transatlantique retrouve de l'élan.
A quoi est adossée l'évolution du produit ?
Un indice transatlantique de 40 valeurs
L'indice de référence est le MerQube Transatlantic 40 50 Point Decrement Index (EUR) (code Bloomberg : TRANSAT Index). Derrière ce nom se cache un panier de 40 actions réparties entre la zone euro (60%) et les États-Unis (40%), sélectionnées parmi les plus grandes capitalisations boursières de chaque zone. Certains secteurs sont exclus : énergie, conglomérats de biens de consommation, holdings financières et services publics d'électricité.
Les principales lignes sont ASML (9,89%), NVIDIA (7,70%), Apple (6,67%), Microsoft (4,74%), Amazon (4,05%), Siemens (3,41%), Alphabet (3,22%), SAP (3,11%), Banco Santander (3,08%) et Broadcom (3,02%) (données au 1er avril 2026). La répartition géographique reflète cette double exposition : États-Unis 42%, France 20%, Allemagne 17%, Pays-Bas 11%, Espagne 5%. Le poids de chaque titre est plafonné à 10%, et la composition est revue trimestriellement.
Le décrément : un coût structurel en points fixes
Cet indice intègre un mécanisme de retranchement fixe : chaque année, 50 points sont automatiquement déduits de sa valeur, indépendamment de la performance des marchés. Au niveau de 906,57 points (données au 13 avril 2026), ces 50 points représentent environ 5,52 % de la valeur de l'indice — soit plus du double de la moyenne des dividendes bruts des composants, estimé à 2,39 % par an depuis 2016 (source Bloomberg, 13 avril 2026).
Le choix d'un décrément en points fixes — et non en pourcentage — a une conséquence importante : si l'indice recule, les mêmes 50 points pèsent proportionnellement plus lourd. Sur un indice à 500 points, le prélèvement atteindrait 10,00 % de sa valeur. Cet effet amplificateur accélère la baisse en marché défavorable, contrairement à un décrément en pourcentage qui resterait constant en poids relatif.
Contexte macroéconomique et verdict de timing
L'indice offre une exposition transatlantique dans un contexte contrasté. Côté européen, la croissance de la zone euro reste modérée (PIB projeté à 0,9 % en 2026 selon la BCE), tirée par la consommation et les plans d'investissement défense et infrastructure — mais freinée par une inflation à 3,0 % en avril 2026 (dernière donnée disponible) et la dépendance énergétique au choc Moyen-Orient. Côté américain, l'économie a affiché une résilience au T1 2026 (+2,0 % annualisé) portée par le cycle d'investissement IA, mais l'inflation s'est accélérée à 3,8 % en avril (CPI, contre 3,3 % en mars), tirée par l'énergie (+17,9 %). La Fed, désormais dirigée par Kevin Warsh depuis le 15 mai, reste bloquée à 3,50-3,75 % sans perspective de baisse à court terme.
La présence simultanée de méga-capitalisations tech (NVIDIA, Apple, Microsoft, ASML) et de valeurs cycliques européennes (Siemens, Santander) donne à l'indice un profil mixte croissance/value. La diversification géographique atténue la concentration sur un seul cycle. Mais le risque de change est réel : 40 % de l'indice est composé d'actions en USD, et une appréciation de l'euro pénaliserait la performance de l'indice, indépendamment des marchés actions.
Verdict : le point d'entrée apparaît neutre. La diversification transatlantique et la barrière décroissante sont des atouts structurels, mais le décrément en points fixes — avec un coût relatif déjà supérieur au double des dividendes réels — et l'absence d'historique réel de l'indice justifient la prudence.
Scénarios de remboursement
| Scénario | Condition | Résultat |
|---|---|---|
| Scénario favorable (rappel anticipé au mois 12) | L'Indice clôture à un niveau supérieur ou égal à 100% de son Niveau Initial à la première date de constatation mensuelle (30/06/2027) | Capital initial + 0,9175% x 12 mois = 111,01% du capital initial |
| Scénario favorable (échéance) | L'Indice clôture à un niveau supérieur ou égal à 67% de son Niveau Initial à la date de constatation finale (30/06/2038), sans remboursement anticipé préalable | Capital initial + 0,9175% x 144 mois = 232,12% du capital initial |
| Scénario médian | L'Indice clôture à un niveau strictement inférieur à 67% mais supérieur ou égal à 50% de son Niveau Initial à la date de constatation finale | Remboursement du capital initial (100%). TRA net de -0,60%. |
| Scénario défavorable | L'Indice clôture à un niveau strictement inférieur à 50% de son Niveau Initial à la date de constatation finale | Capital initial diminué de l'intégralité de la baisse de l'Indice. Perte en capital partielle ou totale. |
Risques à connaître
Risque de crédit
Le produit est un titre de créance (EMTN) émis par Citigroup Global Markets Funding Luxembourg S.C.A. et garanti par Citigroup Global Markets Limited. En cas de défaut de l'émetteur et du garant, l'investisseur pourrait perdre la totalité de son capital, quelle que soit la performance de l'indice. Le garant est noté A+ par S&P, A1 par Moody's et A+ par Fitch (notations au 8 avril 2026) — un niveau de risque de défaut considéré comme faible par les trois agences. Le produit n'est pas couvert par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR).
Risque de liquidité
Le capital investi doit être considéré comme bloqué pour une durée pouvant aller jusqu'à 12 ans. Une revente anticipée est possible sur le marché secondaire, mais à un prix qui dépend des conditions de marché du moment et qui pourrait être significativement inférieur au capital investi.
Risque de perte en capital
Si l'indice clôture en dessous de 50 % de son niveau initial à l'échéance, l'investisseur subit une perte proportionnelle à la baisse. Par exemple, si l'indice a perdu 60 %, l'investisseur ne récupère que 40 % de son capital. La barrière n'est observée qu'à l'échéance : l'indice peut passer sous ce seuil en cours de vie sans déclencher la perte. La perte totale du capital est théoriquement possible si l'indice atteint zéro.
Avertissement réglementaire
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en produits structurés comporte un risque de perte en capital. Consultez le Document d'Informations Clés (DIC) avant toute décision d'investissement.
Cette analyse est produite par L’Observatoire Financier, Cabinet de Conseil en Investissements Financiers (CIF) enregistré à l’ORIAS sous le n°21006214. Elle constitue une analyse indépendante et ne constitue ni une recommandation personnalisée, ni un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en produits structurés comporte un risque de perte en capital. Ne souscrivez jamais un produit que vous ne comprenez pas.
Questions fréquentes
Comprendre avant d'investir — ne souscrivez jamais un produit que vous ne comprenez pas.
Sur ce produit
Exigence 36 a une durée maximale de 12 ans, avec une possibilité de remboursement anticipé dès 1 an si la condition de rappel est remplie ().
Votre capital est protégé à l'échéance tant que MerQube Transatlantic 40 ne baisse pas de plus de 50% par rapport à son niveau initial. Au-delà de cette baisse, la perte est proportionnelle.
Exigence 36 vise un rendement de 0,9175%/mois conditionnel capitalisé (soit TRA net max 10,10%). Rappel mensuel si indice >= barrière décroissante (100% à 70%). À l'échéance : gain total de 132,12% si indice >= 67%.. Ce rendement est conditionnel : il n'est versé que si . Consultez les scénarios détaillés dans notre analyse ci-dessus.
Le rappel est automatique : à chaque date d'observation (mensuel, à partir de fin mois 12), si , le produit est remboursé avec le capital et les gains accumulés.
Les principaux risques de Exigence 36 sont : la perte en capital (si MerQube Transatlantic 40 baisse de plus de 50%), le risque émetteur (défaillance de Citigroup Global Markets Funding Luxembourg), et le risque de liquidité (revente avant l'échéance à un prix potentiellement défavorable).
Sur les produits structurés
Un produit structuré est un instrument financier qui combine une composante obligataire (protection du capital) et une composante dérivée (exposition au marché). Il offre un profil rendement/risque prédéfini selon des scénarios fixés à l'avance.
Un autocall est un mécanisme de remboursement anticipé automatique. À chaque date d'observation, si le sous-jacent dépasse un seuil prédéfini, le produit est remboursé avec le capital plus les coupons accumulés.
La barrière de protection définit le seuil de perte maximale tolérée à l'échéance. Tant que le sous-jacent reste au-dessus de cette barrière (par exemple -40%), le capital est intégralement remboursé. En dessous, la perte est proportionnelle à la baisse.
Le risque émetteur est le risque de défaillance de la banque qui émet le produit. En cas de faillite de l'émetteur, l'investisseur peut perdre tout ou partie de son capital, indépendamment de la performance du sous-jacent.
Le rendement (coupon) est fixé à l'émission et dépend des conditions de marché : volatilité du sous-jacent, niveau des taux d'intérêt, et niveau de protection choisi. Plus la protection est élevée, plus le coupon est faible.
